14.07.2008
Tératologie éphémère
Pourquoi rencontre-t-on toujours des monstres à Paris ? La dernière fois, le type à côté de moi à la bibliothèque se prenait pour un singe et poussait des hurlements, se frappait le torse, un autre faisait des aller-retours frénétiques. Cette fois, une femme, passablement épuisée, n'a pu taire sa fatigue, ses drames familiaux. Les visages de la bibliothèque l'ont accueilli avec considération.
La fatigue de la ville, c'est peut être cette parole qui ne demande qu'à être exprimée. Pourquoi doit-on se rendre dans un théâtre, dans un opéra pour l'entendre, cette voix ?
Les cris manquent à Paris, ils manquent cruellement, et chaque fois qu'on croise la clameur d'un égaré, c'est le théâtre de la ville moderne, le frisson exquis du spectateur qui sont convoqués.
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08.07.2008
Nos catégories
Elaborées au cours d'un week-end de retrouvailles de prépa, elles tournent autour de la métaphore cynégétique. Partir à la chasse à l'homme, c'est s'inscrire dans une mouvance actuelle des sciences sociales qui présuppose la nécessité du terrain, la nécessité de ne jamais délier terrain, théories, pratiques. C'est aussi accepter des filiations diverses, la soif de chair humaine des Annales, Norbert Elias, Hérodote ethnographe des chasseurs scythes... Mais cette chasse à l'homme s'organise en différentes étapes, chacune d'elles livrant l'une des catégories du blog.
Tout d'abord ''partie de chasse'' : cette catégorie vise à vous donner nos bribes de théories, des fragments de spéculations de sciences sociales. Mais afin de ne pas se perdre dans un abîme de spéculation, nous avons trouvé nos garde-fous : la catégorie ''suivre à la trace'', suivre à la trace des penseurs à la portée interdisciplinaire. Ces penseurs regroupent de grands maîtres de chasse, des classiques et des nouveaux talents à déceler pour les head hunters que nous sommes. La catégorie ''échapper aux chiens'' représente notre deuxième garde-fou :elle sera développée à partir de vos critiques, de vos commentaires. C'est dans ce territoire que le chasseur devient chasseur chassé. En outre, afin de mieux nourrir nos bribes de théorie, nous imprégnerons notre pensée d'expériences sociales, d'archives; il faudra rester à l'affût de faits sociaux, d'interactions minimales, ce qui constitue la catégorie ''lever le gibier''. Enfin une dernière catégorie plus personnelle qui fera le lien avec des épreuves (sans connotation positive ou négative) de notre expérience vécue: ''pousser des gémissements infinis'' où l'on pourra s'essayer à être davantage littéraire.
12:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.07.2008
Baltasar Gracian
Baltasar Gracian et l'écriture épigrammatique
Pourquoi choisir cet homme pour présider au destin de notre blog ? Parce qu'il permet de préciser notre 'politique d'écriture', parce qu'il permet de se poser la question de notre public. Comment écrire pour paraître humble, efficace et cohérent ? Nous ne sommes après tout que deux étudiants lambda, il faut donc renoncer à concevoir un système qui serait trop ambitieux sans pour autant renoncer à réflechir. Le blog nous invite ainsi à réfléchir en épousant la forme brève du post, par formules pénétrantes. La vérité chez Gracian, pour être mieux livrée, doit être toujours plus polie, transformée afin d'être plus acceptable pour l'esprit. Cette nécessité de transformer la vérité en un aphorisme est au coeur de la philosophie baroque et du conceptisme de B. Gracian.
22:20 Publié dans suivre à la trace | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


